Tough Love from No. 44

20 01 2009

En train de regarder (comme le reste du pays) l’investiture d’Obama… quelle honte que ce soit la première fois de ma vie que je fais autant… mais honte personnelle (manque d’intérêt) ou honte nationale (manque de leader intéressant) ? Qu’est-ce que cela fait venir les larmes aux yeux de cet esthète incurable, que d’entendre Arethra chanter “My Country ‘Tis of Thee”—that brassy, generous voice capable of so much pain and defiance—mais aussi dois-je avouer que c’est précisément ce côté théâtral, que dis-je, cinématique, qui m’émeut tant. Il y a quelque chose de faux, de démesuré, de si américain là-dedans, qui dans sa perfection à la guimauve aurait pu sortir d’un film Hollywood, on dirait une comédie banale (qui se voudrait satire) où se passait impensable : un homme noir devient président des Etats-Unis (et encore les ricains, se frayant un chemin, montrent aux autres comment faire). Une bonne vieille chanson me touche plus que tout discours, et une mise-en-scène m’importe plus que toute politique ; je m’y reconnais. Je suis fait comme ça, irrémédiablement superficiel. Soit. Mais un film a-t-il jamais osé plus que la réalité ne l’ose désormais?

Loin de moi l’idée de crâner, mais mieux Arethra que d’entendre chanter Madame Bruni. Chapeau, Madame Franklin! Dans tous les sens.

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